Fondé sur des valeurs de responsabilité sociale, de mixité et d’accessibilité, le tourisme social et solidaire intègre également une forte dimension environnementale, en veillant à limiter son impact et à promouvoir des pratiques plus durables.
L’Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air (Unat), réseau représentatif du secteur du tourisme social et solidaire en France, défend aujourd’hui les intérêts du secteur et porte leur voix auprès des pouvoirs publics. Elle rappelle que le TSS ne se résume pas à une activité économique : il constitue un véritable levier de cohésion sociale et de développement durable, conciliant solidarité, équité et responsabilité.
Le droit aux vacances : un héritage social
Si nous remontons dans le temps Le droit aux vacances est pourtant déjà bien reconnu. En France, dans certains secteurs, les congés payés sont apparus dès la fin du XIXe. Le 9 novembre 1853, un décret de Napoléon III donne pour la première fois le droit à un congé rémunéré de quinze jours aux fonctionnaires d’État. Plus tard, les syndicats dans les années 1920 réclament un temps de repos pour les salariés. C’est sous le gouvernement du Front Populaire que la loi du 20 juin 1936 est adoptée et entre en vigueur, instituant les premiers congés payés : tous les salariés obtiennent alors deux semaines de congés payés. Par la suite, ce droit évolue progressivement : une troisième semaine est accordée en 1956, une quatrième en 1969, puis la cinquième semaine est instaurée en 1982, portant à cinq semaines la durée légale des congés payés en France aujourd’hui.
Finalement en 1998, la France franchit une nouvelle étape avec l’adoption de la Loi n°98-657 du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, reconnaissant l’accès aux vacances et aux loisirs comme un droit fondamental.
A échelle international, pour la première fois, les vacances sont reconnues comme un droit fondamental dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, en 1948. L’article 24 affirme que “ Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée de travail et des congés payés périodiques.”
Ces avancées ont profondément influencé les politiques sociales en Europe et ailleurs, contribuant au développement des congés payés et, plus tard, à l’émergence du tourisme social, fondé sur l’idée que l’accès aux vacances participe à l’égalité et à la cohésion sociale.
C’est donc en 1963 que le Bureau international du tourisme social (BITS) (actuellement appelé ISTO) est créé à Bruxelles par un certain nombre d’organismes européens dont l’Unat. Il définit le tourisme social dans ses statuts comme « l’ensemble des rapports et des phénomènes résultant de la participation au tourisme et en particulier de la participation des couches sociales à revenus modestes.”
La Charte de Vienne adoptée en 1972 marque une étape importante dans l’évolution du tourisme social présentant le tourisme comme un moyen d’épanouissement qui doit être accessible à tous. Elle pose les bases d’un tourisme accessible, respectueux des personnes et attentif aux impacts sociaux et culturels. Puis, en 1996, la Déclaration de Montréal intègre officiellement la dimension environnementale aux principes de ce tourisme, en affirmant la volonté de concilier « développement touristique, protection de l’environnement et respect des populations locales » (article 8).
Les valeurs du Tourisme Sociale et Solidaire
Chaque opérateur du Tourisme Social et Solidaire, membre de l’Unat, se reconnaît au travers des valeurs fondamentales que constituent le droit et l’accès aux vacances pour tous.
Malgré sa diversité de structures, de publics et de modèles, le secteur se caractérise par un socle des valeurs partagées et des modes d’action :
- Gestion désintéressée,
- Utilité sociale,
- Accessibilité aux vacances pour le plus grand nombre, par des politiques tarifaires adaptées,
- Développement local et politique de valorisation des territoires,
- Gouvernance responsable et démocratique de la structure,
- Mixité sociale et l’accueil de toutes les clientèles.
Tous ces éléments contribuent à ce droit et à cet accès aux vacances pour tous. Les valeurs peuvent se manifester à travers différents agréments, labels ou classements (ANCV, label Tourisme Équitable, La Clé Verte, label Tourisme et Handicap, d’agréments Jeunesse et Sport ou ESUS).
« Le tourisme social constitue un levier essentiel pour le développement économique et social d’un territoire. »
- Le TSS soutient les territoires
- Le TSS est un moteur économique
- Le TSS favorise la création et le maintien d’emplois
- Le TSS est un symbole d’engagement
- Le TSS rend le voyage et les activités touristiques accessibles à un large public
- Le TSS assure le départ en vacances pour tous et toutes
- Le TSS favorise la mixité sociale
- Le TSS respecte l’environnement
Le TSS s’inscrit dans l’Économie Sociale et Solidaire, définie dans la loi du 31 juillet 2014 comme l’ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations, dont le fonctionnement interne et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Ces structures adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs avec une répartition équitable des excédents.
L’ESS représente 10% du PIB, occupant une place majeure dans l’économie française.
La plupart des structures appartenant à l’ESS sont sous forme associative. Au niveau national, plus de 2 français sur 3 adhèrent ou ont adhéré à une association (22 millions d’adhérents) et plus de 14 millions sont bénévoles dans une association.
En Île-de-France, les associations représentent entre 227 000 et 243 000 (en France entre 1,5 et 1,6 million d’associations actives), avec plus de 2 millions de bénévoles. L’emploi associatif est équivalent à 337 550 salarié·e·s. Seules 26 490 associations franciliennes embauchent, la plupart – 90% d’entre elles – ne fonctionnent qu’avec des bénévoles.